« Bonsoir, Bonjour, bjr,
hello toi, cc, coucou lol,
mes humbles hommages Madame, Maîtresse, vénérable Dame,
Je suis…
fasciné par votre beauté, votre intelligence, votre humour
soumis-maso
obèse, sain de corps mais pas d’esprit
juste un homme, une lopette, un vicieux, un chien, un poney, une bête,
Nicolas-Karim-Éric-Albert-Sigismond, truc, bidulette-chouette, chose,
dans tous les cas indigne de Votre sublime attention,
Je cherche…
une femme vicieuse, une Domina, une partenaire de jeux,
une salope, une infirmière, une seconde maman qui m’aimera mieux que la première,
une Déesse, une Maîtresse qui saura me mettre au pas, au pied, à la niche,
une relation suivie,
l’amour, pardon, l’Amour avec une majuscule,
Je voudrais masser vos pieds,
lécher vos bottes, vos orteils et le bout de vos ongles vernis, vos talons crottés, votre chatte et votre anus odorants, vos petits ou gros seins, votre parquet, tapis, cuvette à chiottes, le sang de vos règles que je boirai ensuite dans une coupe,
Et aussi me faire…
féminiser, enculer, fister, encorder et séquestrer dans votre armoire,
martyriser les tétons et dilater l’anus,
pisser et chier dessus-dessous-en travers, sur le corps, le visage et dans la bouche,
interroger et frapper au sang avec un sac sur la tête,
promener en laisse en aboyant,
encager, éclater les couilles, castrer la bite,
Parce que je suis…
vilain, obsédé, malade, méchant, masochiste,
dévoué au Femmes, adepte de la gynarchie, de la sodomie et de la bicyclette. »
Face à l’avalanche juste
respirer
et prendre un pas de côté.
Lorsque j’ai annoncé la première fois pour proposer des prestations de Dominatrice, j’ai reçu au moins 250 mails en un seul week-end. Oui, 250 !
Mon annonce à peine publiée, les messages sont arrivés dans ma boîte, à la cadence d’un ou deux par minute. Et quand je me suis connectée au site, les usagers, en me voyant en ligne (j’ignorais alors comment passer en mode invisible), me submergeaient de tchats et de messages privés. Qu’ils soient de simples fantasmeurs ou de véritables clients potentiels ne changeaient rien à la donne : la demande était colossale.
Ce fut une expérience désagréable et stupéfiante, le jour où j’ai mis des mots très clairs sur ce que je savais déjà, mais sans en soupçonner l’étendue : la pénurie de Dominatrices par rapport à la pltéhore de soumis.
Ou, plus simplement, le nombre d’hommes qui ont, ne serait-ce qu’une fois, le désir d’être sexuellement dominés.