La séance est excellente.
Je le sais.
Il le sait.
Il sait aussi que je lui ai accordé quelque chose de très spécial, qui ne fait normalement pas partie de mes pratiques.
Une heure plus tard il s’est douché, je me suis changée. Nous voilà face à face, presque gênés de l’intimité partagée au Boudoir. Entre nous, deux verres d’eau que nous n’avons pas touchés.
Je le regarde, mi-grave mi-autoritaire, pour articuler d’une voix calme, le genre de celle qui ne souffre aucun contredit :
– Ce qu’il s’est passé aujourd’hui n’a pas forcément vocation a être répété.
Aussitôt il répond en agitant les mains, comme si je pouvais l’accuser d’une malhonnêteté :
– Oh, soyez tranquille, Maîtresse, je suis un homme discret !
J’éclate de rire. Il me fixe, décontenancé. Le soupçonnerais-je d’être une pipelette ?
– Pas du tout ! dis-je. Par « répéter », j’entends « recommencer », pas « vous épancher à la ronde ». Ah ah ah ! Vous connaissant un peu, je vous imaginais mal vous vanter !…
D’autant que, mais cela je le gardais pour moi,
Einmal is keinmal*,
il paraît.
*Une fois n’est aucune fois. Les ailes du désir, Wim Wenders.