Il est debout devant moi en caleçon, planté droit sur mon tapis. Je l’inspecte en silence. Il a les yeux ouverts. Encore humide de la douche, il tremble un peu. Son corps paraît bien plus jeune que son visage aux traits marqués, à l’air perpétuellement grave, presque triste. Une tête de toubib qui doit annoncer une mauvaise nouvelle.
Comme c’est notre première séance, je lui demande de récapituler ses limites. Si je les ai bien relues avant qu’il n’entre dans la pièce, je veux l’entendre les énumérer, au cas où :
– Le scato, dit-il.
J’acquiesce, c’est aussi une de mes limites.
– Les sondes.
J’acquiesce, je n’en propose pas.
– Le feuste.
Je le regarde, interloquée. Le feuste ? Alors qu’il répète « Oui, Maîtresse, le feuste ! », j’éclate de rire et peine à articuler entre deux hoquets :
– Aaaah, le FIST !
Conclusion : 1/ mon soumis du jour n’est pas anglophone.
2/ À une lettre près, j’ai failli éclater sa limite (et peut-être autre chose).