Bipède à station verticale

« Vous savez, on a toujours besoin d’un homme à tout faire, dévoué et bon bricoleur… Mon boudoir nécessite des travaux, puis le ménage et l’intendance m’emmerdent à un point incroyable.
Cela dit, refuser vos services est une question d’honnêteté : je sais que je ne souhaiterai pas « honorer ma part de contrat », quand bien même vous n’exigeriez rien. Quel que soit le type de relation, il y a forcément un échange, un compte à trouver, même dans l’indifférence de l’autre, et même si ce compte n’est pas d’une nature commune. Certains soumis, par exemple, aiment qu’on les transforment en meubles pour mieux les oublier…

Je suis immergée dans le monde BDSM, par goût, nature et choix mais je souhaite qu’il reste malgré tout et autant que faire se peut un jeu. Sérieux, impliquant et douloureux parfois, mais un jeu qui suppose égalité des places une fois qu’il s’achève. Mon alignement de bipède à station verticale est à ce prix. Cela dit sans jugement, évidemment, de ceux qui ont pris une autre voie… qui a également pu s’imposer à eux.
Il y a de la place pour tous dans nos mondes, c’est aussi une question de rencontres et d’entourage (pour vous : trouver la Maîtresse qui sera ravie de vous offrir ce à quoi vous aspirez et vous trouverez, j’en suis certaine).

Madame, sérieuse. »

Photo d’Elmer Batters.