Culture du viol

C’était un nouveau client. Nous étions en pleine séance. Il était debout, poignets attachés aux chaînes qui pendent du plafond et jambes maintenues écartées par une barre d’entrave.
Je m’amusais à le griffer en le regardant droit dans les yeux quand il a soufflé :
– J’ai envie de vous lécher.
J’avais bien entendu sans être sûre d’avoir vraiment compris. La surprise, sans doute.
Je lui ai demandé de répéter. Il a refusé. Mon expression devait être si furieuse qu’il a dû prendre peur.
– Répétez ! ai-je ordonné, plus fort.
Il a fini par s’exécuter, à contrecoeur :
– J’ai envie… de vous… lécher.
Je lui ai tourné une énorme gifle.
Il le sait, il l’a lu sur mon site, que me toucher fait partie de mes limites. Alors voilà qu’il ajoute cette phrase mile fois entendue, mille fois prétextée pour faire changer la faute de camp, parce que s’il ne se maîtrise pas, s’il essaie quand même (sur un malentendu…), s’il ose l’ouvrir alors qu’il devrait se taire, c’est que j’y suis pour quelque chose, forcément, alors que lui, pauvre petit homme si fragile, n’est qu’exposé à la tentation :
– Mais c’est normal… vous êtes tellement belle !
Culture du viol, bonjour.