La douce torture de l’attente

Nous nous sommes parlé au téléphone et il a pris rendez-vous. Puis par mail, jour après jour, il me demande…

si j’ai encore dans ma garde-robe le body noir et bleu de la troisième photo,
si nous pouvons décaler notre rendez-vous de quinze minutes car il craint de ne pas arriver dans les temps,
s’il doit prévoir de jouir avant de venir parce qu’après des semaines d’abstinence, il doute d’être en mesure de se contrôler,
s’il peut procéder à un lavement chez moi et dans l’affirmative, s’il doit apporter la poire qu’il a spécialement achetée pour l’occasion ou si je fournis ce matériel,
s’il y a des précautions particulières à observer pour le lavement vu qu’il n’en a jamais fait,
si nous pouvons nous voir deux heures au lieu d’une heure trente,
si j’ai un gode d’une taille raisonnable parce que de ce côté-là, il est assez étroit, si ce n’est fermé,
des questions et des questions qui reflètent autant son appréhension que son désir, la gigue de son esprit qui tourne en vase clos et bute, encore et encore, sur un jour-une heure-une adresse,
mercredi-15h45-mon boudoir.

La veille de notre rendez-vous, il m’envoie un nouveau mail qu’il conclut par
« Madame, l’attente devient difficile »,
aveu auquel je réponds simplement :
« Restez fébrile ».
Parce que notre session, elle a déjà commencé.
Dans sa tête.