La main de Dieu

C’était, à l’étranger et dans un palace, une grande soirée dédiée à la FemDom, c’est-à-dire à la suprématie féminine en laquelle je ne crois pas. Entre une rapide collation servie à table et un défilé de mode fetish, les toilettes étaient le dernier lieu où l’on cause. Je m’y trouvais donc, face aux grands miroirs encadrés de lumières si parfaites pour « se refaire une beauté », comme on dit, en présupposant que la beauté tient au « faire » et était là avant.

Elle se trouvait au centre d’un petit groupe de Maîtresses, volubile et sûre d’elle. Elle parlait de sa pratique de la domination, de sa façon de se considérer Déesse, d’incarner ce rôle et de l’imposer à ses soumis. Elle m’était sympathique et son discours étranger.
Puis d’un coup, elle dit :
– Toucher le sexe d’un soumis, vous vous rendez compte ? Impossible ! Et à celui qui m’a demandé de le branler, je l’ai regardé avec horreur pour lui répondre « Jamais de la vie, mes mains sont des mains de Déesse ! »

Moi aussi j’ai regardé les mains de la Déesse. Elle avait des cals aux doigts.