Nous étions dans ma chambre. Il venait d’arriver chez moi. Une semaine que nous attendions cette soirée dans nos emplois du temps un peu fous.
J’étais en jarretelles, lui en costume chic.
J’étais impatiente, lui aussi. J’étais amoureuse, lui charmé.
Il était bloqué sur l’expression de ses sentiments, moi avide de les entendre. Aussi décidai-je, à moitié pour rire, de mettre le mindfuck au menu de nos retrouvailles.
– Tu vas répéter chacune de mes phrases, dis-je.
– Oui, Maîtresse.
– Non, la réponse correcte est « Maîtresse, je vais répéter chacune de vos phrases ». Compris ?
– Compris.
– Maîtresse, je meurs d’envie de lécher vos pieds !
– Maîtresse, je meurs d’envie de lécher vos pieds ! répéta-t-il avec gourmandise.
Et moi de lui fourrer mon pied droit dans la bouche.
– Maîtresse, je rêve de ramper devant vous !
– Maîtresse, je rêve de ramper devant vous ! répéta-t-il en joignant le geste à la parole.
– Maîtresse, je rêve d’embrasser vos divins genoux !
– Maîtresse, je rêve d’embrasser vos divins genoux ! répéta-t-il avec entrain.
– Maîtresse, je rêve de mettre ma tête entre vos cuisses !
– Maîtresse, je rêve de mettre ma tête entre vos cuisses ! répéta-t-il avec ravissement.
– Maîtresse, plus je vous regarde et plus je vous trouve irrésistible !
– Maîtresse, plus je vous regarde et plus je vous trouve irrésistible ! répéta-t-il avec conviction.
– Maîtresse, ah, je vous aime ! dis-je.
Il y eut un gros, un énorme, un immense, un magistral
blanc.
Comment épèle-t-on « FIASCO », déjà ?