Littéral

Aujourd’hui je reçois un mail tourné comme un SMS :
« Bonjour je me présente fabrice 42 ans adepte de la fessée adore cela être déculotté de force coincé sur les genoux de la maitresse. J aime vraiment cela . Vous pouvez me joindre si vous le souhaitez au 06 XXX. Souhaiterais séance 1h. » 

Je retourne à Fabrice une réponse détaillant mes conditions de rencontre ainsi qu’un questionnaire à remplir pour préciser ses attentes et ses limites. Sa réponse :
« J ai bien lu votre questionnaire et moi je recherche séance fessée à la main. Je reçois la fessée depuis longtemps déjà reçu en public lors de soirée. J aime vraiment cela . »

Notre discussion – ou ce qui est supposé en être une -, me fait penser à ces échanges littéraux, A demandant à B « Tu peux m’ouvrir la porte puis me servir un verre ? », et B répondant à A « Oui » avant de lui tendre un verre vide, faute de comprendre l’implicite. Vrai, diable, que je fournis un questionnaire pour qu’on s’assoie dessus !

À ce stade je décide que parler de vive voix avec Fabrice serait une idée lumineuse :
« Pouvez-vous m’appelez maintenant au 06 XX ? »
Lui : « Oui, pourquoi ? »
Moi : « Pour parler de Proust, évidemment. »
Lui : « Ah oui, d’accord, je vous appelle. »

Le téléphone n’a jamais sonné, m’ouvrant un sujet de réflexion : l’injuste distribution de la matière grise.

Dessin d’Enki Bilal.