Lubrifiant humain

Il y a lui et lui, ces deux jeunes hommes  – et d’autres moins jeunes – croisés dans des cercles privés qui, après une première rencontre réussie, ne me contactent que lorsqu’ils ont un scénario en tête, envie de jouer, de se faire frapper, attacher, cellophaner, kidnapper ou enculer,
au jour et à l’heure qui leur conviennent car eux sont peu disponibles avec leurs « boulots sérieux » et plus largement, un quotidien dont je ne fais pas partie,
sans implications émotionnelle ni affective, aucune nouvelle donnée avant ou après, aucun échange entre deux, le lubrifiant c’est pour leur cul mais le lubrifiant humain, allons donc, à quoi bon ?

« Moi ce que je voudrais c’est ça, on se voit ? », qu’ils disent,
et moi, à présent, de leur répondre :
– Ce que tu voudrais, un rendez-vous à ta guise pour réaliser tes fantasmes en disparaissant ensuite, dans ma vie cela porte un nom très précis : un client.
L’ironie de la chose étant que nombre de mes clients voudraient avec moi une histoire.

Photo de Hermann Foersterling.