« Voici les photos. Sur la quatrième, le dos avec les griffures les plus profondes. »
Suivent plusieurs messages illisibles car mon vieux téléphone ne peut pas ouvrir les MMS, et que mes correspondants réguliers le savent. Le numéro n’est d’ailleurs pas enregistré dans mon répertoire.
Mon sang ne fait qu’un tour. Je reste sur une profonde impression de malaise alors que je cherche qui, quoi, comment.
Qui cela peut-il être ? Je ne vois pas.
Ai-je marqué quelqu’un récemment ? Non.
Comment un·e inconnu·e peut-il/elle disposer de mon numéro pour m’envoyer des photos intimes ? Et pourquoi ?
Je crois à une blague de mauvais goût, une histoire de jalousie ou de revanche ou d’étrange demande d’attention, et manque de répondre au tac au tac :
« Who the hell are you? »
C’est alors que je reçois un autre message :
« Oh, pardon, erreur de numéro. »
Ni une ni deux, j’appelle pour en avoir le coeur net.
À l’autre bout du fil, une chaleureuse voix de femme :
« Désolée, vous m’aviez appelée ce matin pour la commode et je vous ai confondue avec un autre acheteur. J’essaie de vendre ma table de chevet, elle est un peu abîmée. »
C’est dans ces moments-là que je me dis que ma vie me tape sur la tête.
Comme quoi, commode serait parfois … un téléphone recevant les MMS.
J’y ai remédié depuis, presque à regret.