Il a dit qu’il se sentait comme un poulet prêt à être embroché,
comme un objet qui n’a pas voix au chapitre,
comme une chose creuse qui se fait fouiller,
comme un siège alors que j’étais assise sur sa poitrine,
comme un petit enfant et parfois comme un con,
Il a dit qu’il avait les couilles sensibles, peur, chaud, froid, mal aux genoux, aux cervicales et au cul,
qu’il pensait pour ne pas jouir à ce qu’il allait manger après, de poulet ou des frites,
qu’une femme ne lui avait jamais jamais craché en plein visage, ni rentré des doigts dans le rectum, ni attaché un vibromasseur à la bite avec une corde, ni étouffé dans de la cellophane, ni uriné sur le torse en lui ordonnant « Regarde-moi, dans les yeux ! »
Il parlait et je riais, riais, riais, je lui disais qu’il pourrait devenir mon chien, mon poney ou mon poulet, pour mon majordome c’était encore prématuré,
qu’il pourrait lécher le sol et donner la patte,
je m’étranglais de rire et il me regardait, ahuri-excité-docile,
Ensuite il a dit que tout ensemble, ça faisait beaucoup pour une toute première fois,
mais que sinon, ça lui avait plu, oh oui,
et qu’il reviendrait, oh oui, c’est sûr.
Photo de Sarah Lucas.