Fin de séance.
Il est douché et rhabillé, à nouveau présentable.
Dans ses yeux, la lueur de l’égarement qui autorise toutes les folies et les humiliations a disparu. Place à cet air matois que je n’aime guère, l’air du businessman en total contrôle de soi qui, ne s’identifiant pas comme soumis et à peine comme client, cherche à cultiver un entre-soi avec une femme qu’il ne veut plus identifier comme supérieure et encore moins comme inférieure, puisqu’il vient de la payer pour se soumettre à elle. Inférieure comme le serait une pute quand bien même elle ne coucherait pas, ou une « travailleuse du sexe » (TDS) selon l’acronyme politiquement correct.
C’est ainsi qu’il demande d’un ton qui vaut pour affirmation, en désignant le corridor qui mène au boudoir :
– Mais ça, ce n’est pas votre vrai métier, n’est-ce pas ?
J’ignorais que des métiers, il y avait de faux. Quoique, puisque l’on dit « faux-monnayeurs » et « faux-semblants », ne pourrait-on également dire
fausse pute ?
Photo de William Wegman.