Thierno et moi, nous avons baptisé les marques « émotions ». Il y a les émotions diffuses créées à la main, les émotions diagonales-floues de la ceinture, les lourdes-compactes des poings, les nettes-alignées des griffures, les cinglantes-cruelles de la canne anglaise, les aiguës-minuscules des aiguilles, les ovales-profondes des morsures, les fines-sanguines du couteau.
Pelotonnée dans l’avion, je pensais à de longues émotions rouges, puis violettes, puis bleues, puis noires, un feu d’artifice d’émotions qui se prolongerait bien après mon départ et remplirait le vide que nos corps séparés creusent sous nos peaux.