Il y a son crâne calé entre mes cuisses,
mes cuisses nues caressées par ses cheveux bouclés,
bouclée la boucle de mon sourire si tendre, son souffle qui s’exténue au creux de ma main droite,
ma main droite qui l’étouffe, pouce-index à lui pincer le nez, paume écrasée contre sa bouche,
bouche brûlante, inutile et écartelée sur un cri de cent mille volts qui l’arque de la tête aux pieds,
pieds-mollets-cuisses défoncés par des cordes serrées à bloc, une jambe à terre, l’autre attachée à la barre fixe, ventre-poitrine-épaules-dos striés de coups et de morsures et mes yeux qui pas un instant ne quittent les siens,
« Oh oui, je sais que tu as mal », dis-je en écartant mes doigts, à peine et vite, trop vite pour qu’il puisse vraiment reprendre vraiment son souffle,
un souffle qu’il gaspille à hurler comme un damné au lieu de s’oxygéner,
« Tss tsss, économise donc tes forces », je lui conseille dans une grimace navrée.
Et, plus tard,
à mon tour ma bouche qui s’écartèle, mais sur un rire et non un cri,
un rire démoniaque, immense, jubilatoire tandis qu’avec ma main d’asphyxie, je martèle à la canne ses pieds bleuis de sang,
tout mon sang impétueux qui bourdonne à mes tempes et ne fait qu’un tour à lui susurrer en confidence,
« Moi aussi je t’aime, tu sais. »