Lui, il est déjà venu une fois. Il connaît donc mon rituel de déshabillage puis de douche systématique à l’arrivée. Il se souvient d’ailleurs où est la salle de bain, alors que d’autres clients l’oublient d’une fois sur l’autre lorsque nos rendez-vous sont rares, et parfois même à la fin de la séance tellement ils sont troublés, littéralement « la tête à l’envers ».
Dans la salle de bain j’ai disposé deux serviettes propres et pliées, un gant de toilette et, sur le rebord de la baignoire, tous les produits nécessaires, savon, gel douche, shampooing.
Dix minutes plus tard, il frappe à la porte comme convenu.
– Entrez !
Il entre mais, surprise,
affublé de mon peignoir de bain en éponge rose pâle, bien trop petit pour lui et encore humide de ma toute dernière douche.
Mais pourquoi s’emparer de ce qui ne lui est manifestement pas destiné ?
Partagée entre le rire et l’irritation, je demande :
– Mais pourquoi ?
Il me regarde désemparé. Pourquoi ? Pourquoi quoi ?
– Pourquoi portez-vous mon peignoir alors que vous aviez deux serviettes sous la main ?
Il s’excuse. Je vois bien qu’il ne l’a pas fait exprès, comme je vois bien tout le profit à tirer de son erreur.
Aussi dis-je, cette fois enjouée :
– Dois-je en déduire que vous voulez vous approprier mes affaires ? Prendre ma place ? Ou pire, devenir moi ?
Il nie en bloc, bien sûr.
– Heureusement que je n’ai pas laissé traîner de sous-vêtements, vous auriez bien été capable de vouloir porter la culotte… au propre comme figuré ! Un comble pour une séance de domination !
Je n’ai pas ajouté que devenir moi, ce n’est pas forcément un cadeau.
Je vends du rêve, moi, Madame !