Après d’interminables allers-retours de mails pour fixer un rendez-vous, il m’écrit :
« Madame,
Je vous en supplie, recevez-moi au plus vite… Je me suis finalement décidé pour une séance d’une heure. Je souhaite en ressortir changé. »
Je lui réponds que réaliser son souhait dépendra surtout de lui, de sa capacité à s’abandonner au jeu et à se connecter à moi. Je lui conseille de mettre la pédale douce sur des attentes démesurées génératrices de stress, de déceptions et de désillusions. Se raconter qu’il connaîtra chez moi l’expérience de sa vie, c’est le plus sûr moyen de passer à côté.
Je lui tais que même puissante, je suis dépourvue de baguette magique. Que ma part du contrat se limite à mettre en oeuvre les moyens à ma disposition pour conduire notre séance et non à lui garantir un résultat.
Satisfait ou remboursé, cela n’existe pas pour la domination.
Je lui tais également que ma première réponse à sa demande était :
« Bien sûr, vous repartirez changé en grenouille. »
Et la deuxième :
« Pas de souci, je vous frappe pendant une heure et vous repartez bleu. Changement de couleur réussi. »
Il devint si pénible par la suite que, de guerre lasse, c’est moi qui annulai notre rendez-vous.
L’expérience de sa vie, on a dit.