Il est là, dans ma salle de jeux, petit monsieur ventripotent au pénis flasque, nu comme au premier jour, accroupi jambes écartées, à s’empaler furieusement sur un énorme gode en se martyrisant les tétons et en criant :
« Je suis une salope, une chienne, une grosse salope ! »
Je ne l’ai même pas invité à le faire, c’est sorti tout seul de sa bouche comme un geyser trop longtemps refoulé,
« Une cochonne, une pute, une salope ! »
Je le contemple circonspecte, la montée à Mach 10 après avoir sucé un gode, ça m’étonne toujours, on dirait que la bonde a sauté et que sur lui ruisselle le flux de ses ignominies supposées,
« pute-salope-truie ! »
un flux qui ne me fait pas grand-chose, à dire vrai, et qui aurait même tendance à me refroidir tellement mon érotisme à moi ne fleurit pas à cet endroit de clichés et d’insultes,
« salope-chienne-garage à bites ! »
je lui apporte la réplique un peu mollement, je crois,
« oh, grosse salope-petite pute-chienne lubrique ! »,
il est content, tant mieux, et voilà qu’il s’astique et se répand dans un immense brame de « salooooooooope ! ».
Dix minutes plus tard, le même, douché, qui se rhabille, regarde sa montre et dit :
– Je vais pas traîner, il faut que j’aille nourrir mes enfants !
Changement de décor, bonjour.
J’en suis restée sur le cul (sans gode en dessous, merci, à chacun sa place !).