J’ai parfois des échanges très amusants avec mes soumis. Dans un mail, lui fait référence à Don Quichotte et me parle de « moulins à vin », avant de corriger aussitôt dans un second mail « moulins à vent ». Quelle enivrante manière de commencer la journée.
Question de coupure(s)
Dans le podcast que j’écoute, il est question des « établis », ces étudiants communistes qui, par idéologie dans les années 70, vont travailler à l’usine. Lorsque le présentateur dit « pourvoyeuse d’établis », je suis en train de remonter la couette sur mon lit. Je marque un temps d’arrêt, perplexe, avant d’éclater de rire. Mon cerveau, certainement trop…
Coucou, (pas) caché !
C’est l’été. Je me promène dans un grand parc avec une amie. Nous décidons de faire un crochet par la roseraie, ce qui suppose emprunter une allée assez étroite, où se croisent les nombreux visiteurs qui entrent et sortent. Je bavarde avec insouciance jusqu’à me taire, troublée par un homme au comportement bizarre : loin…
Bien ! (Et ta gueule !)
Avant chacune de nos séances, il me demande un appel caméra. Comme la fois précédente je clique sur « Rejoindre la réunion » et comme la fois précédente il apparaît sur fond de nuit, en blouson-écharpe, dans l’habitacle de sa voiture.« Homme marié parle à sa Maîtresse », sous-titre ma petite voix intérieure. La discussion s’enclenche, tout d’abord banale…
À l’arrache
Dans le questionnaire qu’il remplit pour être reçu il parle de bâillon et de shibari. Pour développer sa demande, il écrit :« J’aime la contrainte sous toutes ses formes. J’ai beaucoup été arracheur et me penche sur le côté attaché depuis peu. »Moi, je me demande aussitôt combien de membres il a sectionné. Ça ne m’a pas…
Next !
Il a rempli mon questionnaire avec les pieds, ou non, tiens, avec le bout des orteils. Question « Pourquoi me choisir moi ? » / Réponse « Pense que on peux attendre »« Quelle relation imaginez-vous ? » / « Je sais pas »« Un mot à ajouter ? » / « Nin. » (sic) Aussi ai-je à mon tour tapoté sur un coin de clavier :…
Gluten free
Pour se présenter en sa faveur il a voulu écrire qu’il est « très cérébral ». Manque de chance ou d’attention, son clavier a fourché et il est devenu « très céréales ».Le café, je le préfère au lait mais pas au lit, merci.
Oh, mes bas !
Je portais de longues bottes blanches en cuir souple, un ravissement pour la vue et le toucher. Pour marcher, c’est autre chose car entre leurs fins talons hauts et leur manque de maintien aux chevilles, je craignais toujours le faux pas qui me précipiterait, grande Maîtresse en dégringolade, tête la première sur mon parquet. Mon…
Bi-
À ma question « Quelle relation envisagez-vous ? », il a été très précis : « Vous voir une fois cette année et deux fois l’an prochain. »Je vais l’appeler « soumis-saison » ou « soumis tellement organisé que j’ai ri, oui. » Manquerait plus qu’il veuille du bi-forcé pour du bi-annuel.
Au revoir, adieu !
Nous étions au café pour un premier verre quand il m’a demandé, l’air de rien :– Tu es Maîtresse, d’accord… mais ça t’arrive de switcher ?Je l’ai regardé bien en face, j’ai bu une longue gorgée de café avant de répondre, l’air de rien :– Si ta réelle question est « pourras-tu me mettre ta queue…
Jeux de société
Pour ce que ça vaut, je joue très bien au démineur. Mes compétences en jeux de cartes sont limitées : je ne joue ni au poker, ni à la belote, ni au bridge. Je me borne à la bataille ou, plus amusant, au pouilleux massacreur.Je ne suis pas Domina pour rien.
Chacun sa croix
Un an après, je retournais chez Maîtresse F*. Je m’étais débrouillée pour faire coïncider notre RV avec la venue de mon soumis sur Paris, pour notre longue séance trimestrielle. J’avais à dessein cultivé le mystère, évoqué une rencontre de la plus haute importance avec une grande Dame, parlé de « mission secrète et douloureuse », regretté que…